N°41 – Numéro spécial et quadruple

À nos lecteurs

  Le numéro qui se trouve entre vos mains, ou plutôt devant vos yeux, est la dernière livraison d’Onuphrius avant longtemps. J’en entends qui poussent de hauts cris, d’autres qui font mine de s’évanouir, les troisièmes qui raisonnent : « Comment ? Onuphrius, la seule revue de la nouvelle francophone ouvertement néo-naturaliste nous quitterait, après tant de merveilles découvertes grâce à elle ? Pas question, par la malepeste ! » Rassurez-vous : comme le dit la chanson, ce n’est qu’un au revoir! Il y aura bien un numéro 42, s’il plaît au Ciel, en janvier 2021. Nous verrons alors à quel rythme notre belle revue peut reprendre son cours. Entre-temps, notre cercle éditorial bénévole est contraint de faire une pause, car d’autres projets, notamment musicaux, le requièrent – or la musique, cette virginale maîtresse, exige qu’on se consacre à elle tout entier ou presque.

  Pour fêter l’an neuf et marquer ce long entracte dans la comédie onuphrienne, nous vous proposons aujourd’hui, non point une, mais quatre nouvelles ! chacune provenant d’un des pays qui, tout au long de l’année, brillèrent ici à tour de rôle : la France, avec Adoration, un texte contemporain et cruellement romantique de Catherine Choupin ; la Suisse, pays de Rodolphe Töpffer dont on découvrira l’hilarant Lac de Gers ; la Belgique, hispanisante cette fois, grâce au terrifiant El Verdugo d’Henri Cornélus ; enfin le Québec, où l’on retrouvera le prodigieux Albert Laberge dans un portrait au vitriol, Monsieur le président. Chacune de ces histoires sera illustrée par un de nos talentueux dessinateurs, successivement : Sivan Buntova, Nehama Rosenstein, Pablo, Michaël Halber. Nous les remercions vivement, ainsi que les autres champions du trait qui nous ont prêté leur talent : Rivka Tsinman et Sofia Polonski.

  Grand merci également à René Godenne, Michel Lord et Michel Viegnes, pour leur concours infiniment précieux au sein de notre phalanstère : ces puits de science humble et véridique nous ont permis de mieux connaître la nouvelle telle qu’elle se pratique en leurs pays. Nos remerciements vont aussi, bien entendu, à tous les écrivains – les vivants et les ombres –, publiés jusqu’ici dans nos colonnes. Tous, ils contribuent à faire de la nouvelle le genre prodigieusement vivant et multiforme qu’il est aujourd’hui.

  Bonne année, donc, amis lecteurs, et… à l’année prochaine.

Jean-David Herschel

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